Des pistes à explorer

Ce chapitre présente différentes actions susceptibles de s’inscrire dans des projets de développement de la lecture. Le choix d’une ou plusieurs actions est fonction de vos envies, des objectifs poursuivis, des publics visés, des moyens dont vous disposez, etc.

Avant de commencer, évoquons quelques principes importants…

Donner le goût de la langue pour ne pas cantonner les enfants dans le seul langage utilitaire mais lui permettre d’accéder au plaisir de la langue écrite et de la langue du récit.

Connaître la littérature de jeunesse pour choisir des livres à bon escient. Pour cela il est nécessaire de se former en permanence en consultant les libraires, les bibliothécaires et en participant à des comités de lecture.

Associer les acteurs du livre concernés sur un même territoire mais aussi les partenaires des secteurs éducatifs, sociaux, culturels et associatifs. Les parents peuvent être invités à participer aux actions. Ils doivent être associés chaque fois que cela est possible.

Encourager l’échange des savoirs en proposant aux enfants et aux jeunes de transmettre à d’autres leurs compétences et leurs découvertes (faire visiter une exposition, raconter des histoires, animer un débat…) et en favorisant les rencontres (penser aux projets inter-générations).

Ouvrir les projets aux publics les plus diversifiés en investissant des lieux variés avec un souci particulier : sensibiliser les enfants en difficulté de lecture. Les jeunes, usagers habituels des bibliothèques ou fréquentant les centres de loisirs, centres sociaux ou espaces de plein air… peuvent être concernés par ces projets. Leur diversité assure une pluralité de rencontres avec le livre.

Affirmer la «gratuité» du temps passé avec le livre : ces types d’action ne doivent pas obligatoirement être suivies de temps de réflexion et de partage des impressions. Les occasions d’entendre des histoires font partie de ces moments de rêverie dont chacun a besoin, en dehors de toute idée d’évaluation.

La lecture à voix haute

La lecture à voix haute permet de faire découvrir des textes appartenant au patrimoine commun. Le lecteur met en voix un texte immuable qui est une œuvre à part entière, fruit du travail écrit d’un auteur. Elle donne aussi une image joyeuse de la lecture qui apparaît encore trop souvent comme un exercice fastidieux. Ces lectures sont souvent l’occasion d’un temps collectif. Elles peuvent être pratiquées par un enfant ou par un adulte. Elles peuvent également être l’occasion de réunir les enfants et leurs parents afin que ces derniers puissent eux-mêmes trouver ou retrouver le goût des livres pour le transmettre par la suite. Cette démarche favorise des actions d’éveil culturel qui rassemblent professionnels, enfants, parents et bénévoles en lien avec les bibliothèques.

Le conte

Tradition orale de tous les pays et de toutes les cultures, le conte est un art du récit perpétué à travers les âges pour faire rêver, rire, s’émouvoir. Les mêmes histoires se racontent aux quatre coins du monde, cependant le conte n’est pas une parole banale : « Il est un miroir où chacun peut découvrir sa propre image » (Amadou Hampaté Bâ). Il ouvre différents chemins à l’enfant vers l’imaginaire, la connaissance de soi, la représentation du monde, le plaisir des mots. Il donne à voir, à sentir, à entendre, à ressentir… Il appartient à une tradition que le conteur renouvelle en une création personnelle avec une langue orale, vivante, « en perpétuelle naissance ». Pour profiter au mieux de cette richesse, il est préférable de donner carte blanche au conteur. Chacun a son répertoire et construit sa séance. Toutefois, selon les projets, des séances thématiques peuvent être demandées en prévoyant des délais suffisants. Accueillir un conteur, c’est pouvoir lui proposer un lieu calme et intime et des groupes les plus homogènes possibles (dès trois ans et jusqu’aux adultes). Enfin, le conte se prête autant à des actions ponctuelles et festives qu’à des projets à plus long terme autour de l’oralité (former des adolescents à raconter à des plus jeunes, découvrir des contes d’origines et de genres différents…).

L’illustration

La pluralité des propositions, genres, styles et thèmes, essentielle dans le domaine du livre de jeunesse, est particulièrement manifeste du côté du livre illustré et de l’album où la rencontre entre textes et images ouvre un espace permettant à l’imaginaire de se libérer. Ces œuvres donnent en effet à lire et à voir. On s’y régale d’écriture et d’arts visuels. C’est une entrée directe et excitante dans la création contemporaine. Le succès rencontré par ce type d’édition est par ailleurs réjouissant dans la mesure où il élargit le nombre des lecteurs tout en proposant des œuvres de qualité. Pourquoi ne pas saisir cette occasion d’organiser des ateliers animés par des artistes souvent nombreux en région ? L’approche de la lecture par le biais d’atelier d’arts plastiques peut permettre aux enfants d’aborder le livre dans sa dimension « sensuelle » et non plus uniquement abstraite et « intellectuelle ». Il s’agit d’aider le jeune à entrer dans le plaisir de créer, manipuler, inventer, jouer avec les matériaux et les livres. Pour mener à bien ce type de projets, il est nécessaire de construire une démarche adaptée respectant certains principes :

Le jeu (approche ludique du livre)

Le jeu permet l’accès au livre et le livre peut être exploité sous forme de jeu. Le plaisir de lire se découvre à travers toutes les stimulations induites par le jeu. Cette forme particulière d’entrée dans le livre s’accompagne par ailleurs d’autres formes d’intelligence que celles sollicitées à l’école (compétences artistiques, déplacements dans l’espace, capacité à fonctionner en équipe...) et permet à des enfants de vivre leur relation à la lecture autrement que dans une situation d’échec. Les jeux autour du livre prennent toutes sortes de formes : puzzles, lotos, plateaux, objets, maquettes… Quelques pistes de réflexions pour monter un projet de ce type :

Cette approche ludique du livre, qui cherche à associer lecture et plaisir, correspond à celle portée par des auteurs et éditeurs d’ouvrages pour la jeunesse depuis plusieurs années. L’arrivée en librairie de livres à toucher, à monter ou démonter soi-même, à sentir et à faire du bruit… en est la traduction, sans parler des livres de jeux de rôle et des opportunités d’interactivité qu’offrent les nouvelles technologies.

• Un livre est une création d’auteur. Par respect pour celle-ci, nous vous conseillons vivement d’obtenir les autorisations nécessaires auprès des éditeurs si vous reproduisez des illustrations ou des textes.

L’atelier d’écriture

L’atelier d’écriture est une manière toute particulière d’aborder le livre, où écritures et lectures se croisent et se nourrissent constamment. Il peut être conduit par un auteur ou par un animateur ayant reçu une solide formation. Les jeunes qui y participent s’engagent à le suivre de manière régulière. Ils forment une communauté dont chaque membre est une partie importante par rapport au projet que s’est donné l’atelier. Il est un lieu où chacun écrit et où les textes ainsi produits sont mis en commun par la lecture à voix haute (par leurs auteurs ou par l’animateur). On envisage deux types d’approches qui bien sûr peuvent interagir :

L’atelier explore tous les genres ou un seul en particulier (poésie, scénario, chanson, fiction…). Il peut mettre en place une écriture collective ou individuelle, prévoir des temps de travail chez soi, proposer des lectures précises pour aboutir, dans certains cas, à la publication d’un recueil ou à une lecture publique.

Les technologies de l’information et de la communication (TIC)

Les TIC sont une pratique de lecture et d’écriture fortement investie par les jeunes. Elles peuvent être utiles pour créer un journal, jouer autour du texte et de l’image ou établir une correspondance : pourquoi ne pas partir aux quatre coins du monde et échanger avec des jeunes d’autres pays ? Les actions mises en œuvre dépendent du matériel disponible (machines et logiciels). Avant d’envisager l’acquisition d’un équipement, il faut se renseigner sur les ressources locales. Il faut également vérifier si les enfants ont déjà utilisé un ordinateur et ce qu’ils savent en faire. Une initiation ou une mise à niveau peuvent être nécessaires.

Le traitement de texte

Destiné en premier lieu à la production de l’écrit, il est également un outil de lecture et permet surtout de mener des activités de manipulation des textes («copier/coller» d’extraits, insertion d’illustrations, etc.).

La Production Assistée par Ordinateur (PAO)

Les logiciels de mise en page du texte et de l’image pour des documents destinés à l’édition sont plus complexes. On pourra ainsi, à partir d’un texte brut, proposer d’imaginer la couverture d’un livre, ou encore préparer une maquette pour l’édition des textes d’un atelier d’écriture…

Le CD Rom

Le CD Rom est un support de ressources multimédias (textes, images, sons et vidéos) intéressant pour la recherche d’informations, qu’elles soient générales ou spécialisées. Les médiathèques en proposent en prêt. Le CD Rom vierge qui permet l’enregistrement de travaux importants, permettra de conserver une trace des écrits produits pendant un atelier d’écriture par exemple. La réalisation d’un CD Rom peut d’ailleurs faire l’objet d’un projet autour du livre et de la lecture mais elle nécessite personnel et matériel adaptés.

Internet

L’accès au réseau internet permet de disposer d’une information quasi-illimitée mais non contrôlée et qui demande donc une veille rigoureuse. Il faut arriver à guider l’enfant entre les sites commerciaux et certains contenus plus ou moins licites. Il existe pour cela plusieurs solutions dont l’enregistrement de sites sur le disque dur de l’ordinateur (grâce à des aspirateurs de sites) de manière à travailler hors connexion. On pourra trouver sur internet de nombreux sites thématiques intéressant les jeunes et pouvant être sources d’activités autour de la lecture et de l’écriture mais aussi engager les enfants à chercher et trier des informations eux-mêmes sur un sujet déterminé. La messagerie électronique, les forums et groupes de discussion permettent une

communication interactive, rapide, peu coûteuse et sans limite géographique. Ils renouvellent les correspondances écrites traditionnelles et sont un bon moyen de rassembler et diffuser des travaux réalisés en atelier sans pour

autant réaliser un site internet.

Les rencontres autour du livre

L’idée est de permettre la découverte du livre en dehors du contexte de l’école et d’apprendre par exemple que concevoir un livre, le fabriquer et le diffuser demandent des savoirs et des compétences que l’on n’imagine pas toujours. Ce type de rencontres permet également de modifier des idées toutes faites : non, les écrivains ne sont pas “ tous ennuyeux ou morts ” et ils (ou elles) écrivent des textes faisant écho à ce qu’il y a de plus intime en nous. Ces rencontres peuvent se décliner de mille façons, et pourquoi pas…

Organiser une journée autour du livre jeunesse

Cette journée peut constituer le temps fort d’un projet et doit permettre à un large public de découvrir une partie de la production en littérature jeunesse. On pourra y trouver une exposition / vente de livres, y rencontrer des auteurs, écouter des histoires, voir des spectacles, prendre part à des ateliers, etc.

Participer à un salon et rendre visite à des professionnels :
libraires, éditeurs, imprimeurs...

Ces visites seront bien évidemment préparées tous ensemble. Qui va-t-on rencontrer ? Comment organiser son parcours ? Avant d’emmener un groupe à un salon, vérifier le programme des animations et surtout essayer de disposer d’un budget minimum afin que chaque jeune puisse choisir au moins un livre lui-même !

Créer un prix littéraire ou participer à un prix organisé

Proposer à des enfants de décerner un prix littéraire à partir d’une sélection d’ouvrages choisie par un jury national ou régional, permet de découvrir de nouvelles oeuvres et suscite de nombreux échanges. Cette action nécessite bien sûr du temps : pour constituer un groupe stable (par âge ou territoire), faire circuler les livres, en discuter, inviter les auteurs … La remise du prix sera l’occasion d’organiser une journée de rencontres ouverte à un public plus large.

Le don de livres

Le don de livres aux pays en voie de développement est un projet prisé par de nombreux organismes encadrant des jeunes (établissements scolaires, associations, etc.). Mais cet élan de générosité peut parfois aller à l’encontre du résultat escompté : effets pervers sur le marché du livre du pays destinataire et envois d’ouvrages ne prenant pas en compte la diversité culturelle, de manuels périmés dans leur conception. Que penser par exemple d’un manuel de mathématiques proposant le problème de Pierre qui investit de l’argent en bourse ? Quelle pertinence pour des enfants d’Afrique ou d’Asie ? Si nous souhaitons que les jeunes s’engagent dans ce type de projet dans le respect des pays en voie de développement, une réflexion préalable est donc indispensable. La Charte du don de livres est consultable sur www.culture-developpement.asso.fr.

Lecture, écriture et handicaps

Au moment d’élaborer votre projet, pensez aussi aux publics handicapés. Le handicap implique d’envisager un mode d’accès particulier au livre et à la lecture. Pour les personnes déficientes visuelles et auditives, des CD ou cassettes de textes enregistrés, des livres imprimés en gros caractères ou en braille, des livres tactiles, mais aussi des ordinateurs adaptés, dotés de synthèse vocale, de clavier et d’imprimante braille, de logiciels d’agrandissement de caractères pour les textes numérisés, de télé-agrandisseurs… permettent de concilier handicap et lecture. Un interprète en langue des signes française (LSF [o]) peut également vous aider à monter un projet avec des personnes sourdes ou malentendantes. Pour les personnes ayant un handicap mental, un travail préparatoire avec le personnel accompagnant est plus qu’ailleurs nécessaire. Il élabore une approche ludique et sensorielle du livre. L’annuaire du Centre Régional pour l’Enfance et l’adolescence inadaptées (CREMI) [o] répertorie les établissements spécialisés et les contacts. Pour vous aider sur les projets en cours : IME Lelandais [o]. Les bibliothèques publiques et universitaires sont nombreuses à proposer aux personnes concernées des documents adaptés ainsi que les aides techniques permettant la lecture de textes numérisés. Renseignez-vous auprès de ces structures. Avant de s’engager dans ce type d’action, il est souhaitable de se sensibiliser à la notion de handicap. Des organismes proposent des formations de courte durée sur le braille ou la langue des signes, des formations techniques, matérielles et des stages destinés à conseiller les personnels en contact avec ce public (accueil, sécurité …).

Exemples de ressources avec lesquelles vous pourriez travailler :

Pour trouver les informations nécessaires au montage d’un projet autour du livre et de la lecture adapté aux personnes handicapées (conseils, listes de lieux et de contacts, bibliographie…), il existe ARCHIMED’, association missionnée par le Ministère de la Culture et de la Communication pour la coordination de la commission Culture Handicap. www.culture-handicap.org [o] ARCHIMED’ s’attache à promouvoir l’égalité des chances pour l’accès à la culture. Elle apporte ses compétences et son expérience dans le domaine «culture et handicap» par le conseil, l’assistance et l’appui méthodologique et opérationnel :

La lecture au quotidien…

Donner à lire, ce n’est pas seulement développer de grands projets ou des actions spécifiques menées par des professionnels : chacun se doit d’être inventif pour glisser le livre dans tous les moments de la vie de l’enfant et de l’adolescent. Il faut provoquer des occasions de rencontres les plus diverses possible, en proposant des ouvrages adaptés à tous les goûts (revues, bandes dessinées, mangas, romans, documentaires...). Toutes ces occasions saisies seront, au jour le jour, autant de petites pierres menant vers les chemins d’une pratique régulière de la lecture. En centres de vacances ou de loisirs, le livre peut ainsi accompagner le jeune quelle que soit l’activité : cuisine, bricolage, visites, jeux, veillées... Dans ces centres, les occasions d’écrire sont également multiples : faire des carnets de voyage, des romans- photos, imaginer des correspondances (en pratiquant, par exemple, l’art postal : fabriquer de belles cartes, des enveloppes originales, des objets lettres). Les temps péri ou extra-scolaires (pause méridienne, accompagnement du soir…) permettent aussi de familiariser l’enfant avec le livre en organisant des goûters lecture, des jeux d’écriture, ou encore en aménageant un coin bibliothèque chaleureux (avec matelas, coussins, présentoirs, petites lampes, etc.).

Inviter un intervenant (auteur, illustrateur…)

Préalables

... au projet

Il est important de choisir l’intervenant en fonction du projet pour lequel il va être sollicité : conte, conférence, atelier d’écriture, résidence… Toutes les décisions devront par ailleurs être finalisées par un contrat écrit.

... aux rencontres avec le public

Préparation indispensable : Quels thèmes seront abordés ? Qui sera l’animateur ?… On préférera, pour assumer ce rôle, un bon connaisseur de l’œuvre de l’intervenant (journaliste, bibliothécaire, universitaire, etc.). Le travail de l’invité doit avoir fait l’objet de présentations au public. La signature dédicace est un plus et ne saurait constituer l’objectif d’une rencontre.

La rémunération

Pas de bricolage ! Inviter un écrivain, un conteur ou un illustrateur, c’est s’engager à le rémunérer selon la législation en vigueur. Le mode de rémunération de l’intervenant dépend de l’activité pour laquelle il est invité, quelle que soit la structure à l’initiative du projet.

Dans le cas de rencontres avec le public

Ce sont les droits d’auteur ou le salariat qui s’appliquent s’il s’agit d’une lecture publique de l’œuvre par l’auteur lui-même et ce sont les revenus accessoires aux droits d’auteur ou le salariat pour une rencontre ou une participation à un débat. À titre d’exemple, tarifs recommandés par :

Dans le cas de l’animation d’ateliers d’écriture

L'animation d'ateliers d'écriture correspond à une commande de travail accompagnée d’un cahier des charges et d’horaires négociés pour laquelle le salariat est la forme la plus utilisée. À titre d’exemple, tarifs pratiqués par :

À ces trois formes de paiement (droits d’auteur, revenus accessoires aux droits d’auteur et salariat) correspondent des modalités et des interlocuteurs précis :

Certaines structures culturelles et de développement de la lecture peuvent prendre en charge la rémunération d’un intervenant et la facturer à l’organisateur. Celui-ci doit vérifier que les déclarations sociales sont conformes à la législation du travail.

• A ces rémunérations s’ajoutent obligatoirement les défraiements (frais de transport, hébergement et repas).

A connaître : la licence d'entrepreneur de spectacles

Avant d'inviter un intervenant, il est utile de se renseigner sur la licence d'entrepreneur de spectacles. La loi du 18 mars 1999 a rendu obligatoire la licence d'entrepreneur de spectacles pour toute structure (associative, commerciale, collectivités, etc.) produisant ou diffusant des spectacles vivants (le spectacle vivant étant défini par la présence physique d'au moins un artiste du spectacle percevant une rémunération pour la représentation en public d'une œuvre de l'esprit). Cette licence est attribuée à une personne physique représentant la structure.

Il existe trois types de licences qui peuvent faire l'objet d'une seule demande : exploitant de lieux de spectacles, producteur et diffuseur. A noter que l'activité d'entrepreneur de spectacles peut être exercée occasionnellement sans être titulaire d’une licence dans la limite de six représentations par an et à condition que l'activité principale de l'organisme ne relève pas du spectacle vivant. Dans ce cas, une déclaration préalable du spectacle est obligatoire :

La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse

La Charte est née en 1975 de la volonté d'auteurs souhaitant défendre une littérature jeunesse de qualité, ainsi que leurs droits et leurs spécificités d'écrivains et de créateurs. Le petit groupe d'origine, auquel se sont joints les illustrateurs, dépasse aujourd'hui les 550 membres, répartis dans toute la France et dans plusieurs pays francophones. Chaque année, les membres publient plus de 700 ouvrages et assurent 6 000 journées d'intervention en milieu scolaire ou en bibliothèque, auprès des jeunes comme des professionnels du livre. Les réalisations et objectifs de la Charte : information interne des membres (juridique, institutionnelle, littéraire) ; publication d'un périodique interactif et développement d'un site internet ; participation à des manifestations pour la jeunesse ; organisation de forums, débats et colloques ; défense du statut des auteurs, de leurs droits vis-à-vis des éditeurs, des organismes et institutions chargés du livre et de la lecture pour la jeunesse ; définition annuelle d'un tarif conseillé des interventions d'auteurs et d'illustrateurs comme animateurs de leurs œuvres… www.la-charte.fr, le site d’Animalivre [o] (sur les droits d’auteur).


Choeurs de lecteurs : Entre l’acte de lire et celui d’écrire, un jeu transgressif et poétique, une manière d’entrer sans frapper en littérature

D’abord, au sein d’un groupe de douze à quinze personnes,chacun choisit un texte pioché au milieu d’un des livresproposés. Tous ces extraits sont ensuite lus par lesparticipants. « Souvent on a des choses à dire trèsprofondes, on n’ose pas et là on les trouve écrites par degrands auteurs » (Aimée)

À partir du passage qu’il a sélectionné, chacun va alors proposer un mot, une phrase, d’un roman ou d’unepoésie… « Au départ j’avais peur de lire devant tout lemonde, lire à voix haute c’est une aventure ! » (Isabelle).

De la rencontre de tous ces mots, de toutes ces écritures,va naître un nouveau texte, d’où le sens surgit, inattendu.« On participe vraiment à une écriture, c’est ce qu’il y a demagique » (Michèle)

Carnets de Voyage

Cette activité a été menée par l’Aide à la Scolarité des Enfants Tsiganes, en partenariat avec la DRDJS de Lille [o] et différents groupes de la population tsigane.

Des carnets ont été donnés à des enfants grands voyageurs parcourant l’Autriche, la Suisse et des départements français. Certains sont revenus avec leurs carnets, quelques pages, quelques phrases qu’ils sont fiers de nous montrer au retour et qui tissent un lien.

Un carnet collectif a également été réalisé avec des enfants non francophones à partir de sorties au zoo de Lille et au musée d’histoire naturelle. Il s’agissait de garder la trace de ces visites dans le carnet. Les enfants ont rivalisé d’imagination pour avoir la page la plus expressive et pris plaisir à utiliser divers matériaux qu’ils se sont très vite appropriés.

Le temps fort de ce projet s’est déroulé durant une semaine exceptionnelle incluant des activités de modelage et de création artistique.

Lecture à voix haute : de la Protection Maternelle Infantile (PMI) à la bibliothèque

À Saint Amand Les Eaux, la lectrice de Lis avec moi et la bibliothécaire ont eu l’idée d’organiser des goûters lecture associant la bibliothèque et les familles rencontrées en PMI. Une fois par mois, les parents et leurs enfants, accompagnés de la lectrice, entrent, à l’invitation de la psychologue de la PMI, dans la salle aménagée de la bibliothèque. La lectrice entame alors la lecture d’albums jusqu’à l’heure du goûter. La bibliothécaire commente l’action : «Ce sont les familles aisées qui viennent ici emprunter. J’ai à cœur, comme la lectrice, de faire venir les familles plus modestes qui fréquentent la PMI ; et quand le pas est fait ensemble comme aujourd’hui, c’est plus facile. On a une impression de quiétude et d’échange entre les mères et les enfants et entre les adultes eux-mêmes…» C’est un moment où les adultes, disponibles, peuvent se consacrer à leurs enfants et partager avec eux détente et émotion, étonnés de voir leurs tout-petits écouter des histoires sans se lasser, et surpris d’être, eux aussi, émus par la lecture d’un album.

L’accompagnement à la mise en oeuvre de projets autour du livre.

La commune d’Hellemmes a souhaité que les Francas du Nord accompagnent la mise en place de lieux de lecture dans la ville ainsi que le développement de projets autour du livre dans le cadre du Projet Éducatif Local (PEL). Pour cela, le travail s’est organisé en partenariat avec l’association À livre ouvert et la Direction Régionale Départementale de la Jeunesse et des Sports de Lille

Après plus d’une année de fonctionnement, les équipes pédagogiques, sensibles à la démarche, poursuivent leur travail. Deux enfants de l’espace éducatif ont par exemple participé au prix des Incorruptibles, présenté leur livre préféré, La petite fille sur l’océan, et rencontré l’auteur, Sara.

Une formation a été mise en place pour ancrer le livre dans les pratiques des animateurs et concevoir avec eux des outils d’animation autour du livre.

Exemple d'association atelier d'écriture / TIC

Raconter, écrire, regarder, lire, écouter, réfléchir, s’amuser, rêver, apprendre, tels étaient les objectifs du projet de CD-ROM GESTES.

Ce Cédérom est la concrétisation d’ateliers d’écriture initiés par la Médiathèque de Gravelines et son Espace Culturel Multimédia (ECM). Il est la combinaison d’une action autour du livre et de la lecture (mission classique d’une médiathèque) avec les possibilités de création qu’offre l’outil multimédia.

Les ateliers d’écriture ont été menés par un écrivain, Emmanuelle Marie, avec des adultes, des enfants et des scolaires qui ont pu, pour la première fois, narrer, mettre en mots et imaginer en s’inspirant de gravures choisies dans les collections du Musée de l’estampe originale de Gravelines.

La réalisation du CD-Rom associant estampes et écrits a été confiée à un artiste, Jacques Perconte, accueilli en résidence par la médiathèque. L’enjeu était de restituer avec un regard créatif la matière des ateliers. Un compositeur de musique électroacoustique, Marc Em, en a réalisé le design sonore.

Le partenariat autour de GESTES n’avait pas pour prétention de mettre en œuvre une action modèle, mais plutôt d’accompagner l’émergence d’une culture du multimédia.

Autrement dit, il posait les questions liées au rôle des ECM : être non seulement des lieux d’initiation au multimédia, mais aussi des lieux de production et de réalisation.

Une action lecture à voix haute - Les P’tits Lus

Tous les samedis à la médiathèque de Roubaix, un groupe composé de collégiens volontaires se réunit autour d’une bibliothécaire et d’une enseignante qui animent ensemble les séances. Dans cet espace qu’est la bibliothèque, les jeunes apprennent à naviguer,à comprendre et à interpréter.

Ils y appréhendent la littérature et acquièrent progressivement une autonomie de lecteur.

Le projet des P’tits Lus est fondé sur la lecture à voix haute, mise en voix et mise en jeu d’un texte écrit. Il s’agit de jouer avec les mots et de dire le texte en lui donnant une véritable intention. Ainsi, colère, douceur, interrogation, amusement… sont à faire sentir par diverses inflexions et différents tons. Cela implique tout un travail sur la voix, sur le souffle, sur le corps, sur la maîtrise de son énergie.

Des exercices divers sont d’abord proposés comme échauffement. Leur succède un travail de lectures individuelles et/ou collectives. Les textes sont tantôt choisis par les enfants eux-mêmes et offerts en « cadeau » aux autres en début de séance, tantôt sélectionnés par les adultes guidant le groupe.

Pour tous ces jeunes, cette activité s’avère véritablement porteuse : le texte prend sens parce qu’il est donné à l’autre et parce qu’il vit par la voix, par le corps, par la lecture personnalisée. L’accès à la littérature se fait dès lors de façon « naturelle » et ludique.

Dire, lire et surtout partager ....

Zep de Sallaumines, enfants de CE2. On me parle de problèmes d'écoute, derespect, de violence. Un projet sur l'oralité est mis en place, j'interviens tous les 15 jours, 9 séances sont prévues.

Au départ, une rencontre, au départ la confiance ...

Je conte et je raconte à tous et à chacun, le conte impose ce silence et ce respect évident. L'instant est fort, vrai, unique à travers une émotion qu'ils découvrent avant de l'apprivoiser. Ils vivent cette étape de découverte qu'ils n'avaient pas vécue et repartent heureux.

Ensuite, on joue avec les mots, ils sont devenus plus beaux, ils ont du sens alors on les écrit, on les raconte et on existe, on s'applaudit parfois sans prévenir parce que l'émotion ça ne prévient pas ...

Julien, jeune enseignant, y croit depuis le départ et en dépit de tous les préjugés.

Un objectif est atteint : ils ont été heureux à l'école avec des mots et des livres et cela peut suffire à changer toute une vie.

Isabelle Pelat, Association Dire Lire

Des élèves de Section d’Enseignement général et professionnel adapté (SEGPA) lisent à des maternelles.

Chaque année, Lis avec moi intervient dans une dizaine de collèges, auprès d’élèves de SEPGA qui, pour la plupart, n’aiment pas les livres… Nous leur lisons des histoires, analysons avec eux des albums et les invitons à lire à des enfants de maternelle. Une enseignante d’un collège de Tourcoing témoigne : «Au fil des séances, j’ai constaté une évolution importante des élèves. Au début, ils ne voulaient pas lire des livres pour les bébés». Le lecteur de Lis avec moi constate aussi un grand changement d’attitude : «L’investissement des jeunes se renforce après chaque rencontre avec les petits de maternelle. Désormais, ils sont prêts, livres sur les genoux, avec une furieuse envie de lire… aux petits !».

L’action permet par ailleurs aux enseignants d’avoir un autre regard sur leurs élèves : «Non seulement ils progressent dans la manière de lire mais on constate qu’il n’y a pas d’absentéisme les jours de lecture…» Comme le dit superbement un élève : «Nous avons des responsabilités et à voir le regard et l’écoute des petits, nous sommes contents !».

Un exemple de projet complet autour de la découverte de la création contemporaine : ACTEURS DU LIVRE

Projet fondé sur un partenariat entre une librairie et un groupe pour envisager un parcours complet autour du livre – de sa genèse (l’écrivain) à sa diffusion (l’éditeur) et à sa circulation (le libraire) jusqu’à sa réception (le jeune lecteur).

Il s’agit de développer le désir et le plaisir de lire de l’enfant, de construire des repères, des références afin de favoriser et de démocratiser une pratique culturelle de la lecture et de le mettre en relation avec les professionnels de la chaîne du livre.

Le projet Acteurs du livre met l'enfant au centre d'une rencontre active autour du livre. Il s’agit de faire découvrir la chaîne et les métiers du livre, ses lieux, ses acteurs (libraires, éditeurs, imprimeurs, auteurs, illustrateurs…), d'installer une pratique de lecture souple destinée à entretenir, susciter le goût de lire.

Il propose que chaque participant tienne un carnet de bord où consigner tous les moments de cette expérience, où collecter des citations prises dans les livres lus et aimés, des traces qui se concentrent sur la rencontre et ses effets, sur la capacité qu'offre la lecture à arracher le lecteur à son quotidien et à son immédiateté.

En accord avec le libraire le groupe et son animateur choisissent un auteur, une maison d’édition et une valise de livres comportant différents titres de l’auteur (dans la maison d’édition choisie mais aussi dans les autres.) ainsi que différents livres, exemplaires du travail de la maison d’édition choisie.

Le projet comporte différents moments qui peuvent s’articuler librement au gré de la «fantaisie» du groupe et de ses partenaires : un bain de lectures est organisé, la visite de la librairie et les rencontres avec le libraire, l’éditeur, l’auteur et éventuellement d’autres passeurs de livres se plaçant dans une certaine intimité avec l’auteur et/ou l’éditeur.

Ce projet permet donc à la fois une immersion dans la création littéraire contemporaine (découverte de l’œuvre d’un auteur particulier mais aussi d’autres auteurs édités dans la même maison), la manipulation de livres divers (de par leurs auteurs, leur format et leur présentation), un certain repérage dans l’offre générale par la connaissance d’une ligne éditoriale, d’un univers de création, d’une politique de mise à disposition dans la librairie ou la bibliothèque, la compréhension des métiers du livre et – c’est l’objectif – l’éveil de la curiosité et du désir de poursuivre ce parcours que le projet a initié.





retour haut de page

 
imprimer cette page